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07/12/2014

Ellipse, une révolution

O joie, un cinéma MODERNE vient d'ouvrir ses portes dans notre bonne cité d'Ajaccio et va grandement embellir nos vies.

Ellipse, c'est son nom, et c'est une véritable révolution.

Car pour la plupart des Ajacciens, dont je fais partie, assister à une séance de cinéma relevait bien souvent du parcours du combattant.

Tout d'abord, il fallait que le film que nous rêvions de voir, soit projeté dans notre ville. Ce sera vraisemblablement le cas, à présent, et nous devrions enfin comprendre pleinement le sens de l'expression « sortie nationale ». (J'ai longtemps cru que pour traverser la Méditerrannée, les bobines étaient chargées sur des pédalos dirigés par des culs-de-jatte unijambistes.)

Si le film convoité était projeté dans une salle du centre-ville, il était impératif de trouver LA place de stationnement qui nous permettrait d'arriver à l'heure à la séance de notre choix. Ce problème ne devrait plus se poser, étant donné la superficie du parking du nouveau complexe.

Enfin, après une queue interminable au guichet, il fallait encore espérer que le monsieur ou la dame à l'accueil ne nous annonce pas d'une voix atone « c'est complet. » A présent, au cinéma Ellipse, on peut réserver ses places en ligne et se présenter à la dernière seconde, seulement armé de son smartphone dernier cri.

Aller au cinéma en utilisant les moyens du XXIème siècle est maintenant à portée de clic pour tous les Ajacciens. Encore plus qu'une révolution, c'est une bénédiction.

Mais certains risquent de regretter le "charme désuet" de nos "vieux" cinémas. Parce que l'Empire ou le Laetitia gardent un petit coté "cinéma Paradiso" qui s'accorde bien à la culture locale. Nous avons tous des souvenirs de salles chauffées à blanc, comme lors d'une projection de Bravehearth, où les spectateurs s'enflammant et vociférant, exhortaient Mel Gibson à occire le perfide soldat anglais aux cris de « I Francesi...euh...l'Inglesi fora ! ». Le confort climatisé et aseptisé, ainsi que le son Dolby Surround, ne réfréneront-ils pas les ardeurs et l'enthousiasme d'un public prêt à communier dans une même ferveur populaire ?

Le cinéma a toujours constitué une sortie privilégiée dans la cité impériale, tout Ajaccien a forcément de joyeux souvenirs de virées en famille ou de soirées en galante compagnie dans une de ces salles et ne mesure peut-être pas encore à quel point il leur est attaché. Si nos bons vieux cinémas du centre-ville disparaissaient, c'est tout un pan de notre vie qui sombrerait avec eux. Un décor familier qui a grandi et vieilli en même temps que nous et qui porte encore en son sein les premières roucoulades de Tino Rossi et les premières chevauchées de John Wayne. Alors faisons en sorte que ce ne soit pas le cas.

Il est à noter, pour finir, que notre nouveau cinéma, longtemps désiré, ne s'appelle ni Napoléon Bonaparte, ni Tino Rossi, ni même Pascal Paoli, mais Ellipse, et à ma connaissance, aucun général d'empire n'a jamais porté ce nom. Au fond, n'est-ce pas là que réside sa vraie modernité ?

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23/11/2014

Chronique BD France Bleu RCFM L'Arabe du Futur (Riad Sattouf)

Ici: watch?v=CkjnF0l3WOA

rcfm,france bleu,l'arabe du futur

16/11/2014

Chronique radio RCFM BD Platon La Gaffe

ICI à 35 s : watch?v=eMN62IYUMcI&list=UUtXMt3KQua76I3nkZ6giLKw

RCFM, Jul, Charles Pépin,

02/11/2014

Épitaphe

En ce jour des défunts, je m'interroge sur le sens des épitaphes. Que souhaite-t-on, au juste, quand, de notre vivant, nous décidons de ce que nous voudrions qu'on inscrive sur notre sépulture ? Que cela résume la personne que nous fûmes ? Ce que nous avons aimé ? L'idée que nous nous faisons de l'éternité ?

Lorsque j'étais une jeune adulte, ma future épitaphe me préoccupait souvent. Mes obsèques, plus généralement. Je voulais des funérailles poignantes, avec force larmes, roses rouges et Réquiem Mozartien. Un poème de ce vieux Charles (Baudelaire) aurait été également le bienvenu. J'avais chargé une de mes plus proches amies de lire L'Horloge. (Muriel, si d'aventure, tu me lis, sache que j'ai changé d'avis.) Et comme épitaphe, j'avais choisi deux vers extraits de ce poème.

"Les minutes, mortel folâtre, sont des gangues
Qu'il ne faut pas lâcher sans en extraire l'or !"

Je souhaitais donc que ces vers sentencieux s'inscrivent dans la pierre pour l'éternité.

Comme j'ai dû faire part de ces fadaises à plusieurs personnes de ma connaissance à cette époque, que ces mêmes personnes sont sans doute celles qui lisent mes petits billets aujourd'hui, il me semble important de rectifier tout cela. Non pas que je sois pressée de passer de vie à trépas, mais comme on ne peut pas vraiment prévoir, autant anticiper.

Je ne souhaite donc plus de funérailles avec auto-flagellation et torsion des mains des participants, mais plutôt quelque-chose de très simple et de peu onéreux. Je ne veux surtout pas que quiconque se sente obligé de lire un poème de ce vieux Charles, sous prétexte que je l'adorais par le passé, tout est fini entre nous, qu'on se le dise.

Et comme épitaphe, j'ai décidé de faire graver ma "blagounette" préférée, qui donne à peu près ceci:

C'est un petit qui voit un héron. Il le montre du doigt en disant: "Tapon, tapon !"
Le héron le regarde en hochant la tête pour dire non. Le petit insiste "Tapon, tapon !" Le héron fait de nouveau "non" de la tête. Le petit continue " TAPON, TAPON !" Alors le héron lui répond: "héron, héron, petit, pas Tapon."

Oui, je sais. Ma famille est consternée à chaque fois que je la raconte.

Mais voilà, hormis le choix contestable de cette blague, je me dis que, plutôt que des larmes, j'aimerais bien arracher un sourire aux personnes qui viendront sur ma tombe, lorsque je ne serai plus là.

Peut-être que mes enfants se diront: "Tu te souviens comme maman aimait raconter cette blague idiote ? Tu te souviens comme ça la faisait rire, à chaque fois, de voir notre expression dépitée ? Je crois bien que c'était la seule qu'elle connaissait". Et en disant cela, sans doute, souriront-ils.

Et vous ? Avez-vous déjà songé à votre épitaphe ?

 

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24/10/2014

Pointure 38

Un couple. Un mari et sa femme préparent le dîner, tout en discutant. La femme vient de recevoir un coup de fil d'une amie effondrée par la découverte de la double vie de son époux. Une facture pour une paire de chaussures de la marque Louboutin, est à l'origine du drame.

La femme - (outrée) Tu imagines, ce salaud de Richard !!!! Il a un culot infernal ! Mais c'était prévisible. Je lui avais dit à Laurence: qu'imagines-tu que ton mari soit en train de faire là-bas ? Tu crois vraiment qu'il n'y est que pour le boulot ? Non, évidemment. Il a dû se laisser séduire par une petite allumeuse de 25 ans, au fessier indécent de fermeté. Voilà, la vérité !

Le mari - (écoutant distraitement tout en touillant la sauce) Oui, évidemment, pauvre Laurence.

La femme - C'est tout ce que ça te fait à toi ?! Pauvre Laurence ? Oui, bien sûr, pauvre Laurence ! Mais quel fumier ce Richard ! Moi, je ne l'ai jamais aimé cet homme-là ! Même après toutes ces années. Et puis des Louboutin, il a offert des Louboutin à sa maîtresse.. quel faute de goût ! Enfin, non, réflexion faite, ce sont des chaussures parfaites pour une femme entretenue. Tu m'offrirais des Louboutin, toi ?

Le mari - Non, bien sûr que non, ma chérie.

La femme - Ah, non ? Tu ne m'en offrirais pas ? Et pourquoi ça, je te prie ?

Le mari - Parce que tu viens de dire que ce sont des chaussures de femmes entretenues, voilà pourquoi.

La femme - (rêveuse) Oui, c'est vrai. Mais quand même, parfois il y en a qui sont belles. Récemment, j'en ai aperçu une paire qui ne faisait pas femme entretenue...enfin, pas trop. Mais elles sont hors de prix. Laurence a lu sur la facture qu'elles coutaient 900 € !

Le mari - ça fait cher la paire de chaussures, en effet.

La femme -Tu sais quoi ? Qu'elle se casse une jambe perchée sur ses hauts talons, cette petite s.... ! Et que sa voiture à lui s’encastre contre un chasse-neige conduit par un Bolchevik saoul !

Le mari - Tu es dure, quand même.

La femme - Je suis dure ?

Le mari -Voyons, oui. Cela fait combien de temps qu'ils sont ensemble, Richard et Laurence ? 25 ans ? Une petite incartade, ça ne veut pas dire qu'il ne l'aime plus. Cette histoire n'a sans doute pas d'importance pour lui.

La femme -(éberluée) ...

Le mari - Eh bien, oui, ne fais pas cette tête. Comme si ça n'arrivait jamais ce genre d'histoires. On en entend tous les jours.

La femme -Ce n'est pas parce qu'on en entend tous les jours qu'il faut minimiser la faute !

Le mari - Je ne minimise rien. Je dis juste que ce sont des choses qui arrivent et qui ne nécessitent pas d'en faire tout un plat. Laurence va s'en remettre. Ce n'est pas comme s'il l'avait quittée ! A-t-il l'intention de la quitter ?

La femme - Mais... je ne sais pas, moi !

Le mari - (sûr de lui) Tu vois ! Tu ne sais pas. Il ne la quittera pas, tu verras. Elle lui pardonnera et tout ira bien. D'ailleurs, que lui a-t-il pris d'ouvrir cette facture ? C'est sa faute après tout ! Elle n'avait qu'à laisser cette facture, là où elle était, et elle aurait été tranquille.

La femme - Je ne te suis pas, là. Tu suggères que dans ce genre de circonstances, il vaut mieux faire l'autruche ? Si elle a ouvert cette facture, c'est qu'elle avait des doutes sur sa fidélité ! Et maintenant, elle en a le cœur net !

Le mari - La belle affaire ! A quoi sert-il d'en avoir le cœur net ?  A avoir le cœur brisé ?

La femme - Je suis abasourdie par ton discours !

Le mari - C'est parce que tu ne prends pas le temps d'y réfléchir.

La femme - Mais qu'est-il question de réflexion là-dedans ? Elle découvre que Richard la trompe, elle se sent blessée, trahie, humiliée, comment voudrais-tu qu'elle réagisse ?

Le mari - Justement, comment réagirais-tu, toi ?

La femme - Je te crèverais les yeux !

Le mari - C'est bien ce que je dis, tu ne réfléchis pas. Et puis d'abord, qui te dit que ces chaussures ne sont pas pour Laurence ?

La femme - Eh bien, euh...

Le mari - Peut-être les lui offrira-t-il au retour de son voyage ?

La femme - Tu dis vraiment n'importe quoi ! Et puis d'abord...

Elle s’interrompt, le téléphone sonne, c'est Laurence. On entend des exclamations.

La femme - (surexcitée) Chéri, tu ne devineras jamais ! Richard vient de rentrer et il a offert les Louboutin à Laurence !

Le mari (souriant) - Tu vois ? Que t'avais-je dit ? Tout ça n'était pas bien méchant, au final.

La femme - (soulagée) Oui, en effet, tu avais raison. Comme on s'emballe parfois ! J'ai hâte de les voir ces chaussures ! Allez, je monte prendre une douche pendant que tu termines la sauce.

Le mari - (pensif) Vas-y ma chérie. Puis, pour lui-même - Bon, apparemment, Richard vient de se faire plaquer une nouvelle fois puisque son cadeau pour Irina lui est resté sur les bras. L'exotisme ne lui réussit pas, décidément.

 

Moralité: Il est important de toujours choisir ses maîtresses en fonction de la pointure de son épouse.

 

 

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10:05 Publié dans Nouvelle | Lien permanent | Commentaires (3)